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Il y a deux ans, Couach a aussi signé un deal de sous-traitance avec le chantier allemand Lürssen pour fabriquer 79 "intercepteurs" rapides au profit de l’Arabie saoudite. Cette fois, pas de problème, sauf que le contrat s’achève au printemps, et qu’il n’y a rien d’autre pour assurer la relève… Faute d’un effort commercial suffisant, les projets en matière de plaisance sont devenus rares. Pour faire tourner le chantier, la construction d’un yacht de 37 mètres a bien été lancée… mais il n’est pas vendu. En novembre, l’entreprise a annoncé la signature de trois contrats pour des bateaux de 11, 15 et 19 mètres. "Ces projets occuperont seulement une cinquantaine de personnes", déplore Maria Pedrosa, la déléguée CFDT. Couach n’a pas fini de naviguer à vue…
 
Il y a deux ans, Couach a aussi signé un deal de sous-traitance avec le chantier allemand Lürssen pour fabriquer 79 "intercepteurs" rapides au profit de l’Arabie saoudite. Cette fois, pas de problème, sauf que le contrat s’achève au printemps, et qu’il n’y a rien d’autre pour assurer la relève… Faute d’un effort commercial suffisant, les projets en matière de plaisance sont devenus rares. Pour faire tourner le chantier, la construction d’un yacht de 37 mètres a bien été lancée… mais il n’est pas vendu. En novembre, l’entreprise a annoncé la signature de trois contrats pour des bateaux de 11, 15 et 19 mètres. "Ces projets occuperont seulement une cinquantaine de personnes", déplore Maria Pedrosa, la déléguée CFDT. Couach n’a pas fini de naviguer à vue…
  
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LA CROISIÈRE EN EAUX TROUBLES DES BATEAUX COUACH

JEAN BOTELLA PUBLIÉ LE 19/03/2018 À 11H19

La croisière en eaux troubles des bateaux Couach En 2012, Couach inaugurait le yacht baptisé La Pellegrina. © Jean-Pierre Muller/AFP

Ce chantier naval girondin, longtemps réputé dans le monde entier, donne le change avec ses yachts de luxe et ses vedettes militaires. En réalité, il prend l’eau. Nos informations.

Champagne ! Le 16 mars 2017, c’était l’affluence sur le port du canal de Gujan-Mestras, dans le sud du bassin d’Arcachon. Ce matin-là, une foule de salariés du chantier naval Couach s’était rassemblée pour assister à l’événement de l’année : la mise à l’eau d’Armonee, un superbe yacht de 23 mètres à 3 millions d’euros. Son propriétaire, qui selon nos informations n’est autre que Marc Simoncini, le fondateur de Meetic, n’a pas mégoté sur les aménagements : trois cabines luxueuses, dont une suite parentale avec salle de bains contiguë, un salon VIP, du marbre, de la mosaïque et du bois blond à profusion. Le tout propulsé par deux moteurs MAN de 12 cylindres, de quoi atteindre 24 nœuds (44 kilomètres-heure) en vitesse de croisière et 34 nœuds (63 kilomètres-heure) en vitesse de pointe !

Un joli coup. Hélas insuffisant pour remettre à flot les finances de cet ex-fleuron français de la construction navale (252 salariés). Depuis 2013, la filiale du groupe Nepteam, créée par l’homme d’affaires Florent Battistella, a cumulé 43 millions d’euros de pertes (dont 1,5 million en 2016, pour un chiffre d’affaires de 56 millions). D’après les comptes, déposés au greffe du tribunal de commerce de Bordeaux, ses capitaux propres sont négatifs de plus de 19 millions d’euros et sa dette atteint un total de 128 millions d’euros. Difficile de compter sur la maison mère pour lancer des bouées de sauvetage : elle aussi accuse des pertes, et son endettement dépasse 77 millions d’euros. Un paradoxe, alors que le marché est à nouveau en plein boom. "Le segment des bateaux de petite et moyenne tailles, jusqu’à 12 mètres, est dynamique. Celui des navires de 18 à 30 mètres est aussi assez soutenu", confirme Yves Lyon-Caen, le président de la Fédération des industries nautiques.


Le pari risqué des grand yachts Créée en 1897 par Albert Couach, un fabricant de moteurs pour la marine, l’entreprise a longtemps joui d’une solide réputation pour la qualité de ses fabrications sur mesure. Sous la houlette de Guy Couach, le petit-fils du fondateur, ses bateaux de 5,80 à 19 mètres, taillés pour la navigation sur l’océan, ont ravi pendant des années les loups de mer. "A la fin des années 1970, nous en sortions deux par semaine !", se souvient Maria Pedrosa, déléguée syndicale CFDT à Gujan-Mestras.

Couach s’est pourtant éloigné de ce qui faisait son ADN quand, en 1985, son patron a pris la décision de repositionner l’entreprise sur le créneau des grands yachts de 16 à 40 mètres, un marché alors en forte croissance dominé par les Italiens, les Anglais et les Américains. Le début d’une longue série de déconvenues. Trop brutal, ce changement a déstabilisé le chantier, confronté à de nouvelles exigences techniques. Il a aussi perturbé ses clients traditionnels, qui ont commencé à s’éloigner. Autre grand nom de la construction navale, Bénéteau a connu ce même genre de mutation. Mais, pour éviter les récifs, l’entreprise a conservé ses gammes d’origine et, surtout, a pris son temps : quinze ans pour mener à bien la diversification dans les gros bateaux avec les marques Prestige et Monte Carlo Yachts.


Les repreneurs se suivent... En 1996, Guy Couach a cédé son chantier déjà mal en point à l’industriel bordelais Didier Cazeaux, mais le repreneur n’a pas réduit la voilure. Au contraire, il a poursuivi la fuite en avant en signant un contrat avec un milliardaire russe pour la construction d’un yacht de 50 mètres, facturé plus de 30 millions d’euros, La Pellegrina. "Il a demandé beaucoup trop de temps de travail de bureau d’études au détriment d’autres projets. "C’est une des raisons pour lesquelles le chantier a coulé", explique Pierre Couach, le fils de Guy, ex-DG, aujourd’hui patron de Yachts d’exception, une société de courtage en bateaux sur mesure. L’aventure a coûté trop cher en études, mais aussi en bâtiments et en outillage. Endetté jusqu’aux hublots, le chantier n’a pu éviter la faillite en 2009.

Deux ans plus tard, Couach a de nouveau changé de mains. Fabrice Vial, un industriel de la menuiserie, s’est attelé au redressement. Mais au lieu de tirer les leçons du passé, il a lui aussi visé le créneau des mégayachts. Un nouveau contrat pour un 50 mètres a ainsi été signé avec un autre client russe. Le patron n’en verra jamais la livraison. A l’été 2011, il a été assassiné sur son précédent bateau, dans le golfe de Porto-Vecchio… C’est dans ce contexte dramatique que Florent Battistella est monté à bord. Ex-directeur général de Converteam, une ancienne filiale d’Alstom reprise en LBO par ses cadres, le dirigeant a fait fortune lors de la vente de la société à General Electric. Il a alors investi tous azimuts : aéronautique, hôtellerie, vigne et nautisme, avec Zodiac et Couach…


Plutôt que de relancer la plaisance, la nouvelle équipe a privilégié les commandes militaires. "Ces contrats ont un avantage, ils assurent une charge de travail sur plusieurs années. Mais ils ont aussi des inconvénients, comme les implications politiques et la corruption. Surtout, ils s’arrêtent brusquement", souligne un expert. Battistella en a vite fait l’expérience. A son arrivée, il a hérité d’un contrat signé par ses prédécesseurs pour deux patrouilleurs de 22 mètres destinés au Yémen. Mais la guerre civile a empêché la livraison. Payés en partie seulement, les deux bateaux rouillent aujourd’hui dans le port d’Arcachon.

Il y a deux ans, Couach a aussi signé un deal de sous-traitance avec le chantier allemand Lürssen pour fabriquer 79 "intercepteurs" rapides au profit de l’Arabie saoudite. Cette fois, pas de problème, sauf que le contrat s’achève au printemps, et qu’il n’y a rien d’autre pour assurer la relève… Faute d’un effort commercial suffisant, les projets en matière de plaisance sont devenus rares. Pour faire tourner le chantier, la construction d’un yacht de 37 mètres a bien été lancée… mais il n’est pas vendu. En novembre, l’entreprise a annoncé la signature de trois contrats pour des bateaux de 11, 15 et 19 mètres. "Ces projets occuperont seulement une cinquantaine de personnes", déplore Maria Pedrosa, la déléguée CFDT. Couach n’a pas fini de naviguer à vue…